Traitements des troubles de l'audition

Aucun traitement ne peut restituer une parfaite audition.

Avec les appareillages, on optimise la fonctionnalité des reliquats auditifs. De plus, malgré l’existence de microphones directionnels et de nombreux algorithmes de traitement du signal, la compréhension de la parole dans le bruit reste limitée.

Chirurgie

La correction peut prendre différents aspects.

 Reconstitution de la chaîne des osselets, reconstitution d’un osselet détérioré, remplacement d’un osselet ou remplacement total des trois à l'aide de prothèses en titane ou autres matériaux.
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Reformation du tympan par greffe d’un tissu prélevé sur la personne elle-même.
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Pose d'un drain transtympanique (yoyo): intervention courante chez les enfants, le yoyo est un tube placé au niveau de la membrane tympanique qui permet une aération de l’oreille moyenne. Un yoyo peut être posé en cas d'otites à répétition. L'opération se réalise sous anesthésie. De nos jours antibiotiques et anti-inflammatoires permettent de moins recourir à ces techniques.

Traitement des acouphènes

Certains acouphènes résultent d’un problème de santé (hypertension) ou mécaniques (articulation de la mâchoire ou vertèbres cervicales). En réglant ces problèmes on peut faire disparaitre complètement les acouphènes.
D’autres acouphènes sont probablement liés à des problèmes d’oreille interne voire d’interprétations des signaux au niveau du cerveau. Ces acouphènes sont plus rebelles.

Nous avons la chance d’avoir un centre pilote à Marseille l’IMERTA (Institut de recherche et de traitement des acouphènes) qui permet de faire un bilan complet et de repartir avec des conseils précis (se renseigner auprès de l’association).

Trois axes sont généralement proposés :
  • Améliorer la tolérance, en proposant une thérapie comportementale cognitive, de la sophrologie, de l’hypnothérapie. Cela ne soigne pas l’acouphène mais permet de mieux vivre avec, ce qui est très important.
  • Lutter contre le mécanisme même de l'acouphène celui d’un son souvent très faible mais sur lequel le cerveau se focalise.
- La TAH, thérapie acoustique d’habituation permet une rééducation du système nerveux de manière à moins entendre l’acouphène, le patient apprend à ignorer son acouphène, le cerveau ne le remarque même plus. C’est une technique pluridisciplinaire qui fait intervenir
- Un apprentissage de ce qu’est l’acouphène, le patient bien informé stresse moins et peut mieux contrôler sa situation.
- Les techniques de relaxation citées plus haut,
- Une thérapie sonore, l’appareil porté produit un bruit thérapeutique de faible intensité, qui rend l’acouphène moins perceptible.
- La TSS, thérapie sonore séquentielle : on masque l’acouphène avec un bruit d’intensité supérieure à l’acouphène, que l’on diminuera dans le temps, pendant quelques heures par jour pendant plusieurs mois.
- Les masqueurs d’acouphènes peuvent être utilisés, surtout pour les personnes qui ont une perte auditive combinée. L’appareil auditif améliore l’audition, et dans le silence émet un son de large bande sonore qui masque l’acouphène.
- La stimulation magnétique transcrânienne, issue des traitements neurologiques généraux, elle consiste à stimuler le cortex cérébral, de manière à réduire l’excitabilité du cerveau.
  • Améliorer l'audition car la plupart des acouphènes surviennent sur une oreille plus ou moins malentendante.
A noter que l’implant cochléaire qui réalise une stimulation électrique du nerf auditif et des centres de l’audition conduit en général à une disparition des acouphènes sur l’oreille implantée.

Appareillage auditif externe et implants

L'appareillage auditif externe ne soigne pas la cause de la surdité, mais compense partiellement la perte auditive. Il est indiqué dans presque toutes les surdités, mais peut ne pas suffire. Cet appareillage nécessite une motivation du patient, car au départ une phase d'adaptation est nécessaire. Les textes fixent maintenant des critères objectifs pour la prescription d’un appareillage (seuil calculé sur l’audiogramme tonal ou sur l’audiogramme vocal ou seuil de perte d’intelligibilité dans le bruit) On considère aujourd’hui que l'appareillage permet une bonne gymnastique cérébrale pour les personnes âgées et peut permettre de retarder les effets du vieillissement des cellules du cerveau.Lorsque la déficience auditive est assez légère, un appareil auditif servant d'amplificateur de son suffit. Lorsqu'elle est trop forte on utilise des implants auriculaires.
Voir pages aides techniques : appareils auditifs >>

Du côté de la recherche

   Vers des thérapies de la surdité

  • La recherche a montré à quel point la perte auditive qui débute en milieu de vie contribue à la baisse des fonctions cognitives. L’association entre une perte auditive et un amoindrissement de la vascularisation du cortex auditif a été identifié. La connaissance des mécanismes défectueux des différents types de surdités s’appuie actuellement beaucoup sur les découvertes en matière d’hérédité : plus d’une centaine de gènes sont désormais connus.


  • Une autre piste de recherche porte sur la possibilité de refaire pousser les prolongements neuronaux. Les thérapies cellulaires ou géniques devraient donner lieu à des essais cliniques dans les prochaines années. Les 1ers succès pourraient être obtenus dans la prévention de l’apparition d’une surdité héréditaire, précise Christine Petit, qui dirige le Laboratoire d’Innovation en Thérapies de l’Audition, lors de la semaine du son de janvier 2023.


  • Utiliser la lumière pour entendre, c'est une piste suivie en optogénétique. Cette technique pourrait notamment remplacer les électrodes utilisées pour les implants classiques. L’équipe du professeur Jérémie Barral, chargé de recherches au CNRS et à l’Institut de l’audition, travaille sur la mise au point d’implants cochléaires lumineux offrant une précision dans la transmission des informations inatteignables avec la stimulation électronique.


  • Un autre projet mené par Brice Bathellier, chercheur au CNRS et à l’Institut de l’audition, est la mise au point d'un implant placé directement sur le cortex auditif.


  • Plusieurs autres champs de développement de traitement sont en cours pour prévenir de l'ototoxicité de certaines molécules ou pour traiter les traumatismes sonores, indique Géraldine Honnet de la société de biotechnologie Sensorion.


  • SENS-401 est un candidat médicament pour le traitement des pertes auditives soudaines. Il a pour objectif de traiter ou de prévenir les lésions de l’oreille interne qui conduisent à une dégénérescence nerveuse et une perte de cellules ciliées sensorielles.


  • La meilleure connaissance des surdités, d’un point de vue fonctionnel et génétique, ouvre également sur une meilleure réhabilitation par les aides auditives, explique le Pr Avan, directeur du Centre de Recherche et d’Innovation en Audiologie Humaine, lors de la semaine du son 2023 : « Les appareils devront être capables de faire face à des besoins très différents selon les patients. Théoriquement, les aides auditives le peuvent mais (…) le prérequis c’est de poser de meilleurs diagnostics, il faut que nous soyons plus fins dans nos évaluations ». Du côté du grand public, le professeur estime que plusieurs notions seraient à mieux transmettre. Tout le monde devrait connaître les signaux d’alarme de la perte auditive (acouphènes, difficulté de compréhension dans le bruit) et avoir le réflexe de s’auto-évaluer, avec Höra par exemple. « Une grande partie du son que nous recevons est de notre propre choix, nous en sommes pour partie les déterminants, mais il n’est pas facile de comprendre les paramètres qui sont impliqués », la sensibilisation à ce qu’est « un bon son » devrait commencer dès l’école.


  • Il reste des défis à relever, comme trouver les biomarqueurs de chaque affection auditive, élaborer des tests, créer de nouveaux outils d’exploration, identifier quels patients pourront recevoir ces nouvelles thérapies, proposer des aides auditives résultant d’un ensemble de données objectives. Cela laisse entrevoir une évolution de la filière auditive.
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